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mise à jour : 09/08/11

HISTOIRE D’EAU A MONTAGNAC…en 4 chapitres


 

  1. L’alimentation traditionnelle

 

Elle se fait évidemment par les puits qui constitueront la seule source de production d’eau jusqu’à la fin du XVIIe siècle et dont l’utilisation se poursuivra jusqu’au XXe siècle. Très rapidement ils seront de deux sortes :

  1. les puits particuliers : on les trouve dans les riches maisons bourgeoises ou aristocratiques des hauts quartiers de la ville : rue droite (haut de la Grand Rue), rue Valmagne (rue Lafayette), rue Montbel, rue Malirat.

Leur nombre croissant expliquera en partie la diminution du débit des puits communs.
Les compoix (ancêtres du cadastre) précisent d’ailleurs pour certaines maisons « avec jouissance d’un puits ». Ils se situent en général dans les cours ou les patus (mi cour, mi jardin) comme ceux des rues Malirat (maison de Thémines, maison de l’Isle d’Orléans) ou rue Lafayette (maison Hospitalier).
Selon la fantaisie et la richesse des propriétaires, leur margelle est plus ou moins originale. Celle de la maison Hospitalier est dans une petite pièce de style néo-gothique, celle de l’Isle d’Orléans se loge sous un ancien escalier renaissance, à l’Hôtel de Thémines on trouve une pompe à bras mobile dans une pièce aménagée à cet effet.
Mais ces puits peuvent encore être logés dans la cave quand il s’agit de la maison d’un artisan qui utilise l’eau pour son métier, Maison Urréa dans la rue du commerce (ancienne rue Cuiraterie).
Le temps passant et la prospérité aidant, au XIX°s, avec le développement de la viticulture et la prolifération des caves petites ou grandes, de nombreux puits ont été creusés dans beaucoup de magasins (remise ou caves).

  1. les puits de la communauté : les consuls et les conseils municipaux pour éviter les récriminations ou les révoltes de la population ont donc organisé des puits communaux.

Les plus anciens sont évidemment la Font Grande dans la rue de la Fontaine et le Puits commun dans la rue du Puits commun (non situé exactement aujourd’hui).
Au cours des siècles sont venus s’y adjoindre, la paix régnant, des puits creusés hors des murailles de la ville, même au temps du circuit d’eau organisés, au hasard des découvertes des sourciers, les puits de Saint Thomas (creusé dans le lit de l’Ensigaud), de la Croix ( de la mission ), du Fond de l’Esplanade, de Frascatti ( ou de Plancou ), du chemin d’Agde, de Goutès, de Crouzilles et celui de la Gloriette au Pioch Sabatier qui a disparu après la construction du premier circuit organisé de l’eau.

 

 

Histoire de la Font Grande :

 

Aujourd’hui disparus il est difficile de situer exactement leur emplacement, mis à part celui de la Font Grande qu’on peut encore voir, c’est d’ailleurs le plus célèbre de Montagnac.
C’est celui que l’on retrouve dans la plupart des villes de notre région, sous le nom de la Font putanelle (pas de contre sens, il s’agit de la Fontaine des jeunes filles), elle donne lieu à des chansons et à des histoires. On disait que les corvées d’eau était l’affaire des jeunes filles qui y trouvaient une compensation en allant à la fontaine à la nuit tombante ce qui leur permettait de trouver un amoureux ou de le rencontrer.
Pour la lessive ou pour faire boire les bêtes on pouvait aller jusqu’à l’Hérault où l’on trouvait toujours de l’eau mais on traversait des propriétés privées ce qui provoquait les récriminations des propriétaires et conduisit le conseil municipal, en 1849, à créer un chemin communal en achetant aux particuliers une longue bande de terrain, tel que nous le connaissons aujourd’hui qui permet d’accéder à la rivière sans traverser les vignes.

 

  1. Première grande réalisation communautaire : Organisation de canalisations, premier circuit d’eau    

 
Comme l’eau manque souvent en été, les consuls ont l’idée en 1657, de capter diverses sources, de canaliser l’eau pour l’amener au centre de l’Enclos (vieille ville).
Le lieu choisi au pied du tènement des Bauces et de la colline de Savignac.
Là se rejoignent plusieurs petits vallons, chacun comportant une source que l’on va capter l’une après l’autre pour avoir en définitive, jusqu’à neuf arrivées d’eau.
Au bas de la pente on construit un réceptacle couvert que l’on découvre encore aujourd’hui à gauche de la route de Montpellier et qui intrigue les automobilistes : la Gloriette aujourd’hui appelée Boule Ronde .
A partir de ce bassin va partir ce qu’on appelle un aqueduc, d’abord une suite de tuyaux de terre mis bout à bout et à l’air libre traversant des propriétés privées et qui conduit à la Fontaine du Griffe. Tout semble terminé le 23 juin 1667 puisque les consuls annoncent « l’eau a commencé à couler au Griffe » ; en réalité il s’agit du début d’une longue aventure.
Trop souvent les tuyaux se bouchent ou cassent, les propriétaires des terrains traversés créent beaucoup de problèmes et, en été, on manque souvent et encore d’eau.
 Peu à peu on enterre les canalisations, on construit des galeries impressionnantes qui les protègent, d’abord celle de la Grand Rue, puis en 1826 celle de la rue Lafayette, on prospecte pour trouver de nouvelles sources que l’on dirige vers la Gloriette. En même temps on conserve les puits communaux que l’on dote de nouvelles pompes (à chapelet, en bronze), on en cherche de nouveaux que l’on aménage à grand frais, mais l’approvisionnement en eau demeure toujours insuffisant l’été, provoquant la colère de la population.
En principe, les gens vont remplir leur cruche à la Fontaine du Griffe et le trop plein s’écoule pour alimenter une pile qui se trouve au fond de la Grand Rue où l’on mène boire les bêtes ; les maisons bourgeoises, elles, conservent leur puits particulier.
Cette situation boiteuse dure jusqu’en 1886 sous la Troisième République.

  1. Deuxième tentative d’alimentation générale

 

Dans un environnement républicain, Montagnac est une des seules municipalités royalistes de l’Hérault, or en 1881 et pour six ans, la majorité municipale change et un premier maire républicain est élu, il s’agit d’Emmanuel Arnaud. Montagnac compte alors 3460 habitants.
Le conseil décide alors de créer un vrai circuit d’eau avec station de pompage : l’usine à eau, canalisations, réservoir (bassin de l’eau) et 26 fontaines, 2 abreuvoirs, 3 lavoirs qui desserviront tous les quartiers et les rues principales.
C’est une dépense énorme pour l’époque, plus de 250.000 francs qui feront plus de 400.000 francs avec les intérêts, remboursables en trente ans soit jusqu’en 1916.
On hésite entre plusieurs projets dont celui d’un barrage sur l’Hérault et l’on s’arrête au principe d’une station de pompage dans la plaine, pourvue d’une pompe à vapeur qui nécessitera la création d’un emploi de chauffeur ou mécanicien pour lequel on prévoit un domicile sur place.
La vie change, les femmes du quartier se retrouvent désormais près des fontaines publiques, 26 dans Montagnac, seuls les lavoirs prévus ne verront le jour qu’après 1905. Les gens aisés petit à petit effectuent un branchement qui leur permet d’avoir l’eau courante, c’est l’époque où se développent les salles d’eau moderne avec baignoire et les robinets dans les cuisines. Pour le reste de la population les branchements attendront jusqu’aux années 1960 avant d’être généralisés.

 

  1. L’eau à l’époque moderne

Malgré tous les efforts accomplis, le problème de l’eau est loin d’être résolu au milieu du XXes. Durant les étés secs, l’eau manque souvent et on est obligé de procéder à des coupures pendant lesquelles les vieux puits reprennent du service comme au bon vieux temps, la municipalité essaie alors de déterminer les causes de ce manque fréquent d’eau.
Il y a d’abord l’augmentation sensible de la consommation par personne, dans les années 1970 il en fallait 150 litres, aujourd’hui il faut multiplier ce chiffre par deux ou trois et cela depuis la généralisation des branchements individuels : il est moins pénible d’ouvrir un robinet que de charrier des brocs ou des cruches d’eau.
Les canalisations sont vétustes et l’on perd beaucoup d’eau dans le circuit.
Les galeries de la station de pompage s’ensablent facilement ; à cela vient s’ajouter la déviation probable de la veine d’eau qui alimente la pompe.

Les remèdes apportés :

    • De 1965 à 1974 les canalisations sont remplacées.

    • Les galeries sont régulièrement nettoyées.

    • Un nouveau puits est créé à quelques centaines de mètres du premier avec de nouvelles pompes ce qui permet une alimentation normale de la localité

    • Enfin, pour éviter les gaspillages et leurs conséquences sur la station d’épuration, on préconise l’économie de l’eau.


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